Cela
fait trois semaines « qu’il pleut des cordes » sur
la région de Chinon.
Malgré les pompes qui travaillent jour et nuit, les rues
sont recouvertes de quelques centimètres d’eau et
des planches sont installées sur le sol pour faciliter les
déplacements.
L’échelle de crue marque cinq mètres vingt
et le niveau de l’eau ne cesse de monter. Beaucoup de pluies
se sont abattues ces derniers jours sur les Cévennes et
malgré le barrage de Villerest on s’attend à une
grosse vague de crue au Bec d’Allier, là où la
Loire et son principal affluent se rencontrent. |

Cette vague va parcourir
toute la Loire, jusqu’à son embouchure à Nantes
et comme notre fleuve est déjà bien gonflé chacun
redoute le pire. Les lignes téléphoniques sont
saturées, beaucoup de personnes tentent de contacter
les pompiers, les routes sont coupées mais des inconscients
s’y aventurent au risque de se noyer... Le préfet
installe alors une cellule de crise (constituée de gendarmes,
pompiers, de la DDE… qui se mettent à disposition
du préfet afin de pouvoir agir au plus vite).
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C’est
l’alerte, on prévient les élus qui informent
la population, les gendarmes et les pompiers tentent de convaincre
les habitants en danger de quitter leur domicile, les hôpitaux
qui risquent d’avoir les pieds dans l’eau d’ici
quelques heures, on s’occupe de mettre hors d’eau le
bétail, on alimente les personnes sans électricité,
sans eau et sans chauffage qui refusent de quitter leur logement.
Bref, c’est la panique totale. Ce soir la majeure partie
de la population en danger a été évacuée,
personne ne sait encore ce qui va se passer. Depuis longtemps,
la Loire est sage et la mémoire de ses colères s'est
perdue. Dans les heures qui viennent, on va savoir si nos levées
tiendront mieux le choc qu’au XIX ème siècle
et si le reflux de la Loire dans la Vienne ne fera pas grimper
le niveau par-dessus les levées… |