|
Mémoire des inondations du passé
et témoignage des habitants
I- La mémoire des inondations
La crue de 1710
En 1710, un prêtre a laissé un témoignage de la crue de l'année :
" Dans l'année mille sept cent dix, le six novembre, il est arrivée une inondation qui a causé une grande perte. Dans tout le village et le pont de Moulins (pont Mansart) que l'on bâtissait est tombé par effondrement, plusieurs maisons ont été aussi renversées par cette même inondation.
Extrait d'un registre Paroissial (Archives départementales de l'Allier)
Un témoignage de la crue de novembre 1790
Aujourd'hui 12 novembre 1790, les rivières d'Allier et de Sioule sont parvenues à un degré de grandeur dont on ne connaît point d'exemple (…) La pluie a commencé le 10 à 4 heures après-midi et a continué sans relâche pendant 22 heures. Dès le 11, matin, la Sioule a augmenté au point qu'elle a couvert tous les graviers et est venue au domaine des Brioude. Les marchands de vin qui étaient sur le port de La Chaise, prirent le parti de demander du secours. Ils vinrent à la cure prier de faire sonner la grosse cloche ce que je leur accordais et sur le champ. De tous les village on a accouru. Toute la journée s'est passée dans le travail le plus infatigable : depuis 8 heures du matin jusqu'à 5 heure du soir, on n'a été occupé qu'à éloigner le vin poursuivi par l'eau. On fut obligé de prendre un autre parti. A environ midi la crue de l'Allier en se joignant à la Sioule, fit un débordement qui sur le champ manqua submerger les poinçons. On leva les poinçons, sur le premier rang on en mit un second et enfin un troisième, jusqu'à plus de 200 poinçons. Des hommes dans l'eau jusqu à l'estomac ! Peine inutile ! Il fallut chercher son salut dans la fuite : 300 poinçons furent soulevés en 5 heures…mais vers les 11 heure, la débâcle fut générale et les mariniers furent forcés d'abandonner leurs bateaux…
Extrait d'un registre Paroissial (Archives départementales de l'Allier)
Un témoignage du 31 mai 1835
Une crue soudaine de l'allier qui atteindra la côte de 4m 62 au pont Régemortes, se produit dans la nuit du 30 au 31 mai. Au cours de cette " fatale nuit ", les eaux envahissent avec une rapidité inouïe le quartier de la Font-Vinée que ne protégeait alors aucune digue. Elles opèrent dans le port de Moulins une véritable et totale razzia, entraînant les chargements de bois qui y sont déposés en grandes quantités et causant un préjudice énorme à la batellerie.
Extrait d'un registre Paroissiale (Archives départementales de l'Allier)
Un témoignage du 29 avril 1856
Formidablement grossi par les pluies et la fonte des neiges, l'Allier subit une crue soudaine par quoi commence une série désastreuse d'inondations .Le 11 mai sera l'une des journées critiques .Mais c'est le 31 mai que sera atteint le maximum avec une cote de 5m42 à l'échelle du pont Régemortes,la plus haute du dix-neuvième siècle et qui vient immédiatement après celle de 1790 . C'est à la suite de cette terrible crue que l'on construisit la levée insubmersible qui, respectée par l'inondation de 1866, semble avoir mis Moulins à l'abri des assauts de sa folle rivière.
Extrait d'un registre Paroissiale (Archives départementales de l'Allier)
La crue d'octobre 1943
Les inondations dans la région du centre ont causé des dégâts incalculables.
" A Moulins, l'Allier a atteint, hier matin, 3m60 au pont Regemortes.
Hier dans l'après-midi, alors que le niveau de l'eau était en baisse, nous avons vu l'hippodrome et les terrains de sport voisins complètement recouverts.
Il y avait des poissons dans les cours. L'entreprise de draguage Oster n'est guère en meilleure situation, il en est de même au garage voisin où les eaux ont pénétré dans les caves, dans les cabanes à lapins et même au rez-de-chaussée. Quant aux ateliers, ils sont encore plus endommagés. "
Extrait du journal : Le Progrès de l'Allier, de la Nièvre et de la Saône et Loire, le jeudi 28 octobre 1943
La crue d'octobre 1943
" Nous n'avons été prévenus par personne nous dit Mr. Vasseur qui botté de caoutchouc, circule de son garage à la route, traversant sa cour où des gamins s'amusent à cueillir à la main des petits poissons tout étourdis.
-Vous avez beaucoup de dégâts ? Demandons-nous.
-En effet les moteurs, la literie, les lapins et le reste sont dans un joli état.
-Vous vous êtes réveillé à temps ?
-J'ai été réveillé par les borborygmes de l'évier. J'ai tout de suite vu ce qu'il advenait. Dans la cour, l'eau m'arrivait à la ceinture. Un peu plus, nous étions noyés dans notre lit.
Il en a été de même chez Mr. Renaud, voisin de Mr. Vasseur.
A 17h. , la crue marquait encore 3m.30 à l'étage aval du pont Règemortes. En amont, nous avons relevé 3m.50. "
(Extrait du journal du 28/10/1943 au sujet d'une inondation à Moulins)
La crue de mars 1988
" MOULINS - Les actions conjuguées de la fonte des neiges et des très fortes pluies tombées ces derniers jours sur notre région, ont causé des crues assez importantes dans les environs de Moulins. La situation devrait, selon les estimations des services départementaux de la protection civile, s'améliorer dans les prochains jours. En effet, la hauteur d'eau sur le radier du pont Règemortes atteignait hier 1m.69, alors que la côte d'alerte se situe à 50cm seulement. L'Allier n'avait pas commis de tels excès depuis 1982. Etonnant spectacle en effet que de voir ces flots fangeux charriant bois morts et écumes attaquer les bergers, submerger les rives et envahir des endroits habituellement réservés aux hommes. Quelques routes ont en effet été temporairement coupées, essentiellement dans la région de Châtel-de-Neuvre, Ebreuil et Bayet. Des caves ont été inondées et quelques terrains de sports se sont retrouvés cantonnés à la pratique du water-polo…
(Extrait du journal du 20/03/1988 au sujet d'une inondation en Auvergne)
II- Témoignages des habitants du quartier de la Madeleine.
Témoignage de Mme BONNET sur les inondations dans son quartier.
" Il n'y a eu aucune inondation dans ma maison, seulement dans les prés. Quand l'inondation arrive, elle passe au- dessus du chemin de hallage qui longe le camping et qui continue sous le pont du chemin de fer et fini au chemin des castors et ce chemin ne peut être inondé qu'en cas de grosses crues. La partie qui a été inondée, c'est la partie qui est de chaque côté de la ligne du chemin de fer. Les inondations n'envahissaient que le camping et les prés. "
Témoignage de Mme FAUVERGUE sur les inondations dans son quartier.
"Lorsque mes parents tenaient le Casino, il y avait une cave et un escalier. Au pied de l'escalier se trouvait une trappe. Quand l'Allier était en forte crue, il y avait une résurgence d'eau par cette trappe mais très peu et nous n'avons jamais eu l'idée de soulever cette espèce de plaque en bois pour voir ce qu'il y avait en dessous. Mais nous n'avons jamais plus eu cette résurgence depuis que le plan d'eau de Vichy a été créé."
Témoignage d'un habitant du quartier sur les inondations de son enfance.
"Lors de la crue de l'Allier en 1943, la Queune ne pouvant plus s'y déverser a tout inondé. Dans la ferme où travaillait mon père à l'époque, les vaches s'étaient réfugiées sur une île. Ce n'est que lorsqu'elles entendirent le grelot du cheval qui leur apportait habituellement leur nourriture, que les vaches se sont toutes jetées à l'eau et ont pu rentrer à la ferme."
|