Catastrophes naturelles
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Sommaire

Le risque inondation à Moulins

1- quelques définitions sur le risque

Risque majeur : c'est la conséquence d'un aléa d'origine naturelle ou humaine, dont les effets peuvent mettre en jeu en grand nombre de personnes, occasionnant des dégâts importants et dépassant les capacités de réaction des instances directement concernées.

Risque inondation : c'est la conséquence de deux composants : l'eau qui peut sortir de son lit habituel d'écoulement et l'homme qui s'installe dans l'espace alluvial pour y implanter toutes sortes de constructions, d'équipements et d'activités.

L'aléa : c'est la manifestation d'un phénomène naturel d'occurrence et d'intensité donné.

L'enjeu : c'est l'ensemble des personnes et des biens susceptibles d'être affectés par un phénomène naturel.

La vulnérabilité : elle exprime et mesure le niveau de conséquences prévisibles de l'aléa sur les enjeux. Différentes actions peuvent la réduire en atténuant l'intensité de certains aléas ou en limitant les dommages sur les enjeux.

Aléa fort : vitesse et hauteur d'eau importantes dans cette zone, les vitesses dépassent 2 m/s et les hauteurs de submersion sont en général supérieures à 2 m.

Aléa moyen : vitesse ou hauteur d'eau importantes dans cette zone, ce n'est pas la vitesse d'écoulement mais la hauteur d'eau qui est préjudiciable. De plus les temps de submersion sont relativement importants.

Aléa faible : vitesse et hauteur d'eau faible dans cette zone, les hauteurs de submersion sont inférieures à 50 cm et les vitesses d'écoulement négligeables.

La crue centennale a une chance sur 100 de se produire chaque année. Ainsi elle revient en moyenne tous les 100 ans mais ne se produit pas nécessairement.

La crue trentennale a une chance sur 30 de se produire chaque année. Ainsi elle revient en moyenne tous les 30 ans mais ne se produit pas nécessairement.

La crue décennale a une chance sur 10 de se produire chaque année. Ainsi elle revient en moyenne tous les 10 ans mais ne se produit pas nécessairement.

2- la carte des aléas et des enjeux

carte_enjeux

Les enjeux

1- Piscine municipale

2- Supermarché

3- Musée

4- Pont Régemortes

5- Maison Saint Paul

6- Camping

7- Station de pompage de l'eau

les aleas

aleafort Aléa fort
aleamoyen Aléa moyen
aleafaible Aléa faible

3- Les causes des inondations de la rivière Allier

I- Quelques définitions :

a) L'inondation
L'inondation est une submersion, rapide ou lente, d'une zone habituellement hors d'eau.

Le risque inondation est la conséquence de deux composantes :
- l'eau qui peut sortir de son lit habituel d'écoulement,
- l'homme qui s'installe dans l'espace alluvial pour y implanter toutes sortes de constructions d'équipements et d'activités.

On distingue 3 types d'inondations :
" la monté lente des eaux en région de plaine.
" La formation rapide de crues torrentielles.
" Le ruissellement pluvial.

C'est le premier type de crues qui concerne la rivière Allier.
Ces inondations se produisent lorsque la rivière sort lentement de son lit mineur et inonde la plaine pendant une période relativement longue. La rivière occupe son lit moyen et éventuellement son lit majeur.

lit mineur
lit majeur

La pente de la rivière est généralement faible, c’est une crue prévisible, le délai d’alerte est de quelques jours.

Il arrive que la nappe phréatique alluviale  affleure et remonte. Ce phénomène aggrave la crue et augmente sa durée.

remontée nappe

b) Le débit de la rivière

Le débit en un point donné est le volume d'eau passant en ce point pendant une unité de temps. Il s'exprime en m3/s ou en l/s

Le débit d'étiage est le débit minimum d'un cours d'eau, observé sur un temps donné en période de basses eaux.

L'importance de l'inondation dépend de trois paramètres :
- la hauteur d'eau,
- la vitesse du courant,
- la durée de la crue.
Ces paramètres sont conditionnés par les précipitations, l'état du bassin versant et les caractéristiques du cours d'eau (profondeur, largeur de la vallée, etc.). Ces caractéristiques naturelles peuvent être aggravées par la présence d'activités humaines

II- Comment se forment les crues de la rivière Allier ?:

schema_crues

Episode 1 : les crues océaniques
De grosses pluies viennent de l'Atlantique. Elles traversent le pays d'Ouest en Est et vont provoquer des crues de l'Allier aval.
Episode 2 : les crues Cévenoles.
Des masses d'air passent sur le Sahara, puis arrivent sur la Méditerranée où elles se gorgent d'humidité. Elles viennent ensuite buter sur les massifs montagneux des Cévennes. Si elles les franchissent, elles atteignent les sources de l'Allier et de la Loire et libèrent alors beaucoup de pluies en un temps très court (48 heures).
Episodes 1 + 2 : crues mixtes.
C'est la conjugaison des deux phénomènes, des pluies océaniques qui touchent le haut Allier, auxquelles vient s'ajouter un orage Cévenol. Les deux crues ajoutent leurs effets.

Quelques exemples de crues :
Crues océaniques : en 1982, 1995, 1998.
Crues Cévenoles : en 1980, 1996, 2003
Crues mixtes : en 1846, 1856, 1907

III Les périodes de retour des crues :

On distingue :
" Les crues fréquentes, dont la période de retour est comprise entre un à dix ans, crues décennales.
" Les crues moyennes, dont la période de retour est comprise entre dix et trente ans, crues trentennales.
" Les crues exceptionnelles, dont la période de retour est de l'ordre de cent ans, crues centennales.

IV La prévision des crues:

La vigilance météo

- Le centre météorologique de Toulouse publie quotidiennement une carte de vigilance à 4 niveaux reprise par les médias en cas de niveaux orange ou rouge. Ces informations sont accessibles également sur le site Internet http://france.meteofrance.com

En cas de niveaux orange et rouge, un répondeur d'information météorologique (tel : 3250 ou 08.92.68.02.66) est activé 24h/24h apportant un complément d'information pour une meilleure interprétation des niveaux de risques.

meteo_france

-Le SCHAPI, service central d'hydrométéorologie et d'appui à la prévision des inondations, a été créé à Toulouse en juin 2003. Il travaille en liaison avec Météo France et réunit des experts en hydrologie. Ses principales missions consistent en l'appui aux services de prévision des crues (SPC) au niveau national ainsi qu'en une veille hydrométéorologique 24h/24 localisée sur les bassins rapides. Il assure également la coordination de la prévision des crues au niveau national. Il a vocation d'élaborer systématiquement 2 fois par jour une carte de vigilances crues à destination des médias et du public en complément de la carte de vigilance météo sur le site Internet : http://www.vigicrues.ecologie.gouv.fr

Il est cependant difficile de quantifier avec précision les précipitations et surtout de localiser le ou les petits bassins versants qui seront concernés.

vigicrues

Au niveau local

limnigraphe Les services de la DDE, Direction Départementale de l'Equipement effectuent une surveillance du niveau de la rivière grâce à un limnigraphe, qui donne un enregistrement graphique des niveaux d'eau.
La prévision des inondations consiste en une surveillance continue des précipitations, du niveau des nappes phréatiques et des cours d'eau et de l'état hydrique des sols.

 

Dès 1854 face aux catastrophes engendrées par les crues, l'Etat a organisé sur certaines rivières et fleuves, l'annonce des crues.

Son but était d'alerter et informer les élus en cas de montée des eaux pouvant présenter un danger. Le maire, autorité de police administrative, est responsable de la sécurité publique sur le territoire communal. Il lui revient donc de prévenir ses administrés et prendre les mesures de protection nécessaires
.

Les dramatiques inondations de ces dernières années ont conduit à engager en 2002 une refonte globale du dispositif de surveillance et d'information sur les crues au plan national.
limnigraphe2

Historique des crues de l'Allier à Moulins

1° Les plus importantes crues depuis la construction du pont Régemortes

La plus grande crue connue de l'Allier a eu lieu en 1790 : on estime que le débit a dû être de 4500 à 5000m3/s, alors que le débit moyen de l'Allier et de l'ordre de 200m3/s.
Le pont Régemortes (construit de 1753 à 1763) a résisté à la crue.

Mesures à l'échelle du pont Régemortes

- 12 novembre 1790 : 6.22 m
- 31 mai 1835 : 4.42 m à 4.62 m
- 19 octobre 1846 : 4.91 m à 5.20 m
- 26 septembre 1856 : 5.20 m

- 18 octobre 1907: 3.10 m
- 4 juin 1913 : 3.30 m
- 27 octobre 1943 : 3.55 m

- 25 avril 1983 : 1.61 m
- 16 mars 1988 : 1.84 m
- 7 décembre 2003 : 2.28 m


Légende


Rouge : crues supérieures à 5 m
Bleu : crues entre 5 et 3 m
Noir : crue inférieures à 3m

pont regemortes


2° Autres crues historiques avant la construction du pont Régemortes

- En 1565, et en 1579, deux crues qui occasionnent des dégâts sur le pont de pierre dont la construction avait été ordonnée par le duc de Bourbon Pierre II.
- En 1608, le pont de pierre construit par Jean Girard est emporté.
- En 1646, le pont de pierre construit par Indre est détruit.
- En 1676, un pont de bois provisoire est jeté à bas.
- En 1685, le pont Ginguet ayant remplacé le pont Indre doit être réparé.
- En 1689, le pont Ginguet est emporté.
- En 1703, Le pont de bois, provisoire pour remplacer le pont Ginguet, est emporté l'année de sa construction.
- En 1710, le pont Mansart est détruit avant la fin de sa construction.

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