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| Pierre-Marie Sarant : Sous forme de douche. Il a plu sans arrêt pendant 4 jours. Selon les endroits et dans des quantités largement supérieures à ce qui tombe en une année. En 24 heures, il est tombé 400 m3 d'eau dans les zones les plus touchées du Honduras. Dans la province de Chinandega au Nicaragua, la pluviométrie s'est élevée à 1597 mm en 4 jours soit 1,60 m d'eau. On n'avait jamais vu cela en 100 ans. Pierre-Marie Sarant : Des glissements de terrain. Et, les rivières se sont transformées en de très puissants torrents. Leurs lits se sont multipliés par 10 ou 20. Ce sont là les véritables catastrophes naturelles. Pierre-Marie Sarant : Quand il pleut plus que de raison, la terre absorbe de l'eau et elle gonfle, comme une éponge. Puisqu'il n'y a pas de racines d'arbres, la terre n'est pas maintenue. Et hop, elle glisse. C'est ça le glissement de terrain. 3 causes majeures engendrent ce phénomène : les pluies, comme je l'ai dit, le relief de la région ( au Nicaragua, il y a 58 volcans dont 12 en activité) et la déforestation. Les populations essentiellement agricoles ont l'habitude de cultiver les pentes escarpées des volcans, toujours plus haut parce que le climat est meilleur et que les parcelles coûtent moins cher. On déforeste pour l'élevage et pour planter du café et du maïs, principales sources d'alimentation. Et on n'hésite pas parce que les familles sont nombreuses et qu'il y a des bouches à nourrir.
Pierre-Marie Sarant : Qui dit catastrophe naturelle dit conséquences humaines et économiques. Un glissement de terrain emporte tout sur son passage : cultures, maisons, hommes, femmes et enfants. Plus on est pauvre, plus l'habitat est précaire, plus les zones sont à risques, plus on est exposé au glissement de terrain et on a des chances de vivre la catastrophe naturelle. Conclusion : les gens ont perdu leurs maisons, ils se retrouvent sans abris. Les réserves agricoles sont détruites, les gens n'ont plus suffisamment à manger. Comme les corps sont fragilisés, les épidémies guettent. Aussi faut-il être vigilant. Après la catastrophe, on a remarqué que la diarrhée, liée au stress et au problème d'alimentation, s'est propagée. De même, le choléra est réapparu. Le risque à terme, c'est une épidémie de paludisme et de dengue à cause des eaux marécageuses qui créent des réservoirs de reproduction pour les moustiques. Pierre-Marie Sarant : Oui, mais les secours et les organisations non gouvernementales (O.N.G.) se sont confrontés à des obstacles naturels.
Pierre-Marie Sarant : Dans les pays pauvres, on s'occupe peu de prévention. On préfère faire appel à l'aide internationale lorqu'une catastrophe naturelle arrive. Là où il n'y a pas d'argent, on essaie d'abord de satisfaire les besoins vitaux. Ce qui n'est pas une mince affaire. Alors, la prévention.... Cela dit, quelques décisions ont été prises par les autorités compétentes pour réinstaller les populations qui vivaient dans des zones à risques en leur donnant des titres de propriété dans des endroits non exposés. C'est le cas des populations qui vivaient sur les bords du lac Managua. On les a délocalisées. Pierre-Marie Sarant : L'essentiel de l'actualité s'est concentré sur Tegucigalpa, la capitale du Honduras, où le bilan humain a été très sévère. Les quartiers des bidonvilles, construits sur les contreforts des montagnes, sont descendus, emportés. Et bien sûr, la région du volcan Casitas dont la population a été la plus touchée par les glissements de terrain. Pierre-Marie Sarant : Le volcan de Casitas n'était plus en activité. A l'intérieur du cratère, il y avait une lagune, une sorte d'immense piscine. Au 3e jour de pluie, l'eau est montée, a fait craquer le sommet, qui a cédé sous la pression. Et là, les gens ont entendu deux bruits sourds, comme ceux d'un tremblement de terre.
Pierre-Marie Sarant : Il faut réaliser que 2000 morts sur une commune de 16000 habitants, c'est énorme.
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| S.Jeaneau | P.M.
Sarant |
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