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| Bargemont - France |
ien entendu,
la première précaution pour se protéger
des mouvements de terrain consiste à construire
les habitations, les infrastructures et les voies de communication
en dehors des zones sensibles. |
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BRGM |
Quand un risque naturel menace une
zone urbanisée ou incontournable, la première préoccupation
du géologue est d'étudier la possibilité d'installer
des dispositifs de protection.
Ces derniers, pour être réalisés, demandent souvent
beaucoup de temps, parfois trop. Si c'est le cas, on installe un système
de surveillance fonctionnant 24 heures sur 24 associé et un
plan de secours. |
Parfois, localement, l'ampleur du risque naturel est telle
qu'aucune mesure de protection ne peut être mise en uvre
et la surveillance peut même s'avérer inadaptée.
Dans ce cas, hélas, l'évacuation de la population
menacée est la seule solution. |
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La Clapière
- France |
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Photo
: J.L. Durville
LCPC |
Heureusement, c'est rarement le cas car les
ingénieurs disposent d'une vaste panoplie de dispositifs de protection
qu'ils classent en deux grandes catégories :
- Les parades actives qui visent à maintenir en place
les terrains mouvants de la même façon que
l'on fixera une dent branlante avec un appareil de prothèse
dentaire.
- Les parades passives qui consistent à laisser
le mouvement de terrain évoluer mais a en contrôler
les effets, comme on met des couches aux bébés
pour qu'ils ne mouillent pas leur lit !
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| Cela étant dit, si des
parades peuvent offrir un excellent résultat pour lutter contre
les mouvements de terrain, c'est assez rare pour les maux de dents
! |
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Nous allons découvrir quelques-unes des solutions misent en uvre
par les géoscientifiques pour contrarier en douceur ou de manière
musclée les mouvements de terrain.
La protection active
"Pour conjuguer avec la nature"
- Les terrassements
Ils consistent en un ensemble de travaux
destinés à remodeler le terrain pour qu'il soit à
une pente plus stable.
| Biarritz
- France |
| Les terrassements sont utilisés par exemple dans les
régions pentues pour stabiliser des glissements têtus
ou pour consolider un littoral en proie au sapement des vagues.
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| ©
BRGM |
- L'installation de dispositifs de drainage
A moins de construire un barrage ou une
piscine, il n'est pas question de laisser s'accumuler n'importe où
de l'eau en quantité, surtout dans une zone instable !
Biarritz
- France
Cliquer pour agrandir |
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Quand le problème existe,
il y a deux façons de s'y attaquer :
- en évitant l'alimentation en
eau du site instable
- en expulsant l'eau qui s'introduit
dans la masse glissante.
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| © BRGM |
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- La végétalisation
C'est une méthode écologique
et économique qui copie une fois de plus la nature. Elle consiste
à stabiliser le sol avec des plantations appropriées au
terrain et à l'environnement. Cette méthode offre aussi
l'avantage de fondre dans nos paysages les voies de communication, leurs
déblais, les talus
qui ressemblent sans cela à d'horribles
cicatrices.
- Le gunitage (de
l'Anglais gun, canon)
Le gunitage consiste à projeter sous pression, avec une sorte
de canon, un mélange de sable et de ciment sur les talus et les
affleurements rocheux instables.
Elle agit comme une peau protectrice, mais attention, si la roche est
gravement atteinte, c'est comme si l'on mettait un plâtre sur
une jambe de bois !
Ce bétonnage surprenant n'est plus, non plus, indifférent
aux sensibilités écologiques qui sommeillent désormais
dans chacun d'entre nous. En effet, pour ne pas trop offusquer les amoureux
de la nature, il est devenu de bon ton de bombarder sur nos talus une
dernière couche de la même couleur que la roche environnante
!
| Eze
- France |
Dans la panoplie des traqueurs de mouvements de terrain,
il existe bien d'autres méthodes actives pour contenir
l'acharnement de l'érosion et les caprices des
forces naturelles exogènes.
Tous ne sont pas aussi discrets, que ceux que nous avons
cités précédemment, et ne possèdent
pas de tenue de camouflage. |
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Photo
: J.L. Durville
LCPC |
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| Nous citerons, par ordre alphabétique donc techniquement
dans le désordre : les ancrages, les banquettes, les
brise-lames, les clous, les contreforts, les digues, les estacades,
les fascines, les filets, les grillages, les levées,
les micropieux, les môles, les murs, les tirants, les
pieux
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Ile
de la Réunion
Filets de protection |
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Photo
: J.L. Durville
LCPC |
La protection passive
Le camp retranché ou... la fuite
!
- Les barrières grillagées
Pas question de faire appel à des goals pour saisir au bond les
pierres qui dévalent les pentes. Néanmoins des buts adaptés,
si l'on peut dire, peuvent arrêter les projectiles au fond de
leur filet. Les géotechniciens ont inventé pour cela des
barrières grillagées capables d'encaisser des "coups francs"
directs ou indirects d'une violence qui n'a rien à voir avec
le sport ! Ces barrières sont composées de deux poteaux
verticaux entre lesquels est fixé un grillage, en une ou deux
épaisseurs, que l'on installe parallèlement à la
paroi pour arrêter les pierres et les petits blocs.
- Les écrans
Toute une gamme d'écrans a pour
mission d'arrêter les glissements de terrains et les blocs en
mouvement :
les écrans rigides pour les blocs inférieurs à
un mètre cube ; les écrans souples pour les blocs un peu
plus gros et enfin les écrans massifs pour mettre au tapis les
blocs super lourds.
Les géotechniciens ont ainsi mis au point des écrans capables
d'arrêter un bloc de 500 tonnes dévalant à 100 km/h
!
Contrairement aux terrassements subtilement édifiés dans
les parades actives, il s'agit, ici, d'une épreuve de force.
Celle-ci a pour but de contrarier le penchant renversant de la boue,
de la terre, des cailloux, des rochers et d'autres projectiles irrésistiblement
attirés par la gravité.
Des écrans sont également utilisés contre l'érosion
littorale ou fluviale.
- Les plages d'arrêt et de dépôt
Maurienne
- France
Cliquer pour agrandir |
Elles n'ont rien à voir
avec un littoral sablonneux où l'on peut faire des pâtés
de sable.
Il s'agit en fait de pièges destinés à retenir
et stocker les matériaux (rochers, troncs d'arbres, sédiments
)
qui dévalent les pentes. |
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Photo
: J.L. Durville
LNPC |
- Les déviateurs
Dans le même esprit que les plages
d'arrêt, le rôle des déviateurs est de guider en
finesse la descente des projectiles rocheux pour éviter par exemple
qu'ils percutent un pont ou traversent une autoroute.
Une fois que les géotechniciens ont soigneusement étudié
la trajectoire et la hauteur des rebonds des pierres roulantes, la mise
en uvre d'un tel édifice ne demande que l'usage d'une pelle
mécanique avec un bon pilote aux commandes.
- Les galeries et les casquettes pare-blocs
Les galeries sont des ouvrages en béton
armé qui forment une voûte protectrice donc un écran
total.
| Suisse
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Les
casquettes ne sont en réalité que des visières
qui surplombent les routes et les voies ferrées.
Dans les deux cas les personnes qui passent sous un bombardement de
roches ou un glissement de terrain sont sensées de ne pas se
soucier du problème. |
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Photo
: J.L. Durville
LCPC |
- L'évacuation
Si la protection des personnes se révèle
impossible une seule solution s'impose : la fuite !
Dans ce cas, "rien ne sert de courir, il faut partir à
point"
Cet adage propose une mesure de protection passive idéale, mais
la réalité prouve qu'on ne peut pas improviser des dispositions
pour un sauve-qui-peut ordonné et paisible. Pour bien faire,
un plan d'alerte doit être préparé à l'avance
par les responsables de la Sécurité civile. Ce plan prévoit
la mobilisation des différentes autorités et les instructions
à donner aux populations, en particulier par les élus
locaux. Avant de guider la population vers des abris sûrs et interdire
la circulation, il faut prévoir un délai suffisant pour
que chacun protège ses biens.
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L'éducation du public
joue un grand rôle dans l'efficacité de cette prévention,
mais il importe de ne pas le lasser avec des alertes répétées.
Un repli autoritaire injustifié est presque toujours suivi
d'un refus d'évacuation à l'alerte suivante. |
Bien entendu, il ne s'agit là que
d'un rapide aperçu des techniques de protection passives.
Il nous confirme cependant que la prévention permet bien souvent
d'éviter que certains mouvements de terrains ne deviennent
des catastrophes.
Comme nous l'avons vu, il y a des phénomènes ponctuels
prévisibles, des phénomènes ponctuels non prévisibles
et des phénomènes cataclysmaux de grande ampleur prévisibles
mais difficilement contrôlables.
Il est donc très important de bien évaluer le problème
avant qu'il ne |
se déclare de façon catastrophique,
d'où l'intérêt des études faites par des
spécialistes.
Dans tous les cas, une parade doit être correctement conçue
sachant qu'elle dépend de nombreux paramètres.
Ensuite, il faudra des moyens financiers souvent importants pour la
mettre en uvre.
Le comble étant qu'il existe des parades totalement inefficaces
pouvant être réalisées avec de gros moyens !
Enfin, l'organisation, l'information et les moyens mis en place par
les Pouvoirs publics et les autorités locales sont également
décisifs. |
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