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| David et Goliath Tout le monde, aussi, frissonne en imaginant qu'un volcan rageur, surgissant de notre paisible horizon, risque un jour de vomir sa lave dans notre direction. Ces phénomènes, comme à une plus grande échelle la tectonique des plaques et la naissance des montagnes, sont les mouvements endogènes (du grec endo, dedans, et genos, origine) : mouvements qui prennent naissance à l'intérieur de la Terre.
Un voisinage inévitable Plus ou moins brutaux, plus ou moins subits, plus ou moins étendus, les mouvements de terrains exogènes sont responsables les années clémentes d'un millier de morts au minimum. Mais lorsqu'un déclencheur de grande ampleur surgit, comme le monstrueux cyclone Mitch, les victimes se comptent, en quelques jours, par milliers !
L'Hydre à 6 têtes
Glissement de terrain Les formations géologiques font de la luge ! Un glissement de terrain, c'est un versant instable de montagne ou de colline qui se détache et glisse dans le sens de la pente. Le volume du glissement dépend de la surface et de la profondeur de la rupture. Coulées Quand les vagues sont de boue Les coulées sont caractérisées par le transport de matériaux sous forme plus ou moins fluide, sur les versants ou dans le lit des torrents (thalweg).
On peut les classer en trois grandes catégories : Les favelas (bidonvilles) qui poussent comme des champignons sur les collines autour de Rio de Janeiro y sont particulièrement exposés. Les coulées torrentielles (bizarrement appelées laves torrentielles) qui utilisent le lit des torrents pour transporter les matériaux en périodes de crues. Les volumes transportés peuvent être considérables (plusieurs centaines de milliers de m³) et leurs conséquences dévastatrices.
Chutes de blocs Il pleut des rochers
Selon le volume, qui se détache, on leur donne un nom différent :
Les effondrements et affaissements Des p'tit trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous Cependant, l'homme a dû souvent creuser sous des lieux habités pour assurer les besoins en matériaux des nouvelles constructions ou pour suivre le labyrinthe des veines de charbon. Ces cavités, généralement sans danger pour la surface, à l'époque de l'exploitation, ont un toit plus ou moins solide qui subit, au fil du temps, des contraintes dues à son poids, à son âge et à l'infiltration de l'eau. Quand la cavité est très profonde (plus de 1000 m pour de nombreuses mines de charbon), les tassements de terrains sont très amortis en surface. Ils peuvent toutefois entraîner des affaissements endommageant les bâtiments et les canalisations. Quand la cavité est beaucoup plus proche de la surface (ex : carrière de craie ou de gypse), l'érosion de l'eau et la fatigue naturelle de la roche entraînent parfois la rupture du plafond des carrières et l'effondrement des terrains qui les recouvrent (le toit).
Les tassements et les gonflements-retraits Lorsqu'un sous-sol se prend pour une éponge Le sous-sol de la Terre regorge de rivières, de lacs souterrains et de nappes phréatiques qui participent activement au cycle de l'eau. Dans les régions humides (marais, marécages, lagunes ) certains sols argileux ou tourbeux peuvent gonfler et se tasser sous l'effet de l'eau ou, au contraire, de la sécheresse. Dans les deux cas, ceci a de graves conséquences pour les constructions si on n'y prend pas garde.
Ce risque, qui ne met qu'exceptionnellement en jeu la vie humaine, peut prendre des proportions catastrophiques : La sécheresse, qui a sévit de l'hiver 1988 à l'hiver 1990, a ainsi fait de gros dégâts sur les constructions. En Angleterre, les dommages s'élèvent à 700 millions d'Euros pour l'année 1990. La même année, plus de 200 communes françaises sont déclarées sinistrées. L'érosion littorale et fluviale Cent fois sur le métier L'érosion est souvent considérée comme un phénomène lent et progressif, mais ses conséquences peuvent être brutales et dangereuses.
Nos grands-parents l'ont toujours connu, leurs parents et les parents de leurs parents aussi et puis soudain, au cours d'une tempête pas plus terrible que bien d'autres, un gros morceau de la falaise disparaît et la maison qui avait une si belle vue avec
Tant va la cruche à l'eau
En fait, le premier coupable c'est l'action de l'eau et plus particulièrement celle des précipitations. Ainsi, ce sont la pluie, la neige, la grêle, la glace, qui sont le plus souvent responsables de la déstabilisation des versants. L'action de l'eau ajoutée à d'autres déclencheurs, que nous allons démasquer plus loin, peut être catastrophique. La chimie mine le minéral Les éléments chimiques contenus dans l'eau sont parfois très corrosifs. L'eau de pluie, par exemple, chargée en dioxyde de carbone, ronge et dissout les formations calcaires. Les splendides grottes, qui émerveillent les spéléologues et les touristes, sont en réalité d'énormes caries faites dans la roche. Saviez-vous qu'en terrain calcaire, l'eau souterraine emporte par dissolution environ 50 tonnes de calcaire par km² et par an ! A cette action, somme toute naturelle, s'ajoute les désordres crées par l'homme L'eau et l'homme : deux complices ! En quittant la préhistoire, l'homme s'est sédentarisé.
Quand il pleut, l'eau y entraîne, bien plus qu'ailleurs, glissements de terrains et chutes de blocs. Parfois aussi, l'homme rompt localement l'équilibre naturel en effectuant de grands chantiers pour des infrastructures et des routes ou lors de l'exploitation hasardeuse de carrières ou de mines. Tristes tropiques Cette pluie, qu'on guette lors des bulletins de prévision météorologique pour savoir de quelle façon on va s'habiller et s'il faut s'encombrer d'un parapluie, engendre les pires désastres dans les régions tropicales. En Amérique du Sud, sur l'équateur, plus précisément dans le pays, qui s'appelle (non pas par hasard) l'Equateur, dans la bourgade de La Joséphine, une catastrophe s'est produite en 1993. Un énorme glissement de terrain a barré la vallée en créant un immense lac. Puis, ce barrage naturel a cédé. L'eau s'est alors déversée dans la vallée à 11 000 m³/s en détruisant tout sur son passage et en entraînant d'autres glissements Novembre 1998 ; en refroidissant, les nuages du cyclone Mitch ont libéré d'un seul coup des trombes d'eau sur l'Amérique centrale. Il a plu en vingt-quatre heures autant qu'en un an habituellement. Cette eau venue du ciel est la responsable de presque tous les morts et destructions. Des fleuves de boue en crue ont déferlé en détruisant tout sur leur passage. Des centaines de coulées boueuses, de glissements rocheux, d'écroulements ont dans un même temps accablé une même région. |
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| J.Goyallon | M.
Toulemont M.A.T.E |
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