Mouvements de terrains/prévision
"Quand et Où" cela va-t-il nous tomber dessus ?

Ce sont les interrogations auxquelles les géoscientifiques tentent de répondre.


Découvrons ces spécialistes et leur métier.


Cartes, sondages, carottes et satellites : l'arsenal des géologues

Le géologue (du grec gê, Terre, et logos, discours, parole) est le premier spécialiste à entrer en action lorsqu'une l'étude de mouvements de terrain s'impose.
On compare souvent son travail à celui de Sherlock Holmes, car son travail est une réelle enquête qui lui permet de faire parler les cailloux !

Le géologue est avant tout un homme de terrain.
Si l'hélicoptère et les véhicules tout-terrains lui permettent désormais de joindre n'importe quel lieu de la planète, c'est à pieds qu'il fera la prospection.
C'est donc équipé de bonnes chaussures ou de bottes qu'il va effectuer ses premières investigations…
Elémentaire, mon cher Watson !

Le géologue réalise en priorité la carte géologique de la zone à étudier.

C'est une carte géographique normale sur laquelle il va superposer les données concernant la nature des roches (ex. : calcaire, granite, argile…), leur aspect (massif, fissuré, fragmenté…) Carte géologique
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et leur âge (ex. : Jurassique, Quaternaire...).
Le géologue va aussi dessiner en coupe l'agencement des différents terrains et indiquer l'inclinaison (le pendage) des couches (les strates).
carte géologique
© B.R.G.M

Toutes ces données sont souvent analysées par un ordinateur, ce qui permet (en les traitant avec diverses autres données telles que météorologie, flore, urbanisme…) la confection de SIG (Systèmes d'information géographique)
De toutes façons, le géologue recherche toujours des solutions, parfois à partir de savants calculs, pour éviter les catastrophes dues aux mouvements de terrains.

Pour collecter des échantillons du sous-sol, les géologues emploient une simple pelle ou une tarière à main (une sorte de gros tire-bouchon) ainsi que des sondeuses motorisées pour récupérer en profondeur des morceaux de roche.
Un "panier" de carottes
elle est belle, elle est belle, ma carotte !
Photo : J.Goyallon


La géomorphologie

une bonne connaissance du terrain... La géomorphologie (du grec gê, Terre, morphê, forme et logos, discours, parole) est la partie de la géologie qui décrit et explique les formes du relief terrestre.
Son étude nécessite une reconnaissance sur le terrain et l'interprétation des photos aériennes et des images satellitaires.
Les formations superficielles sont les plus faciles à reconnaître. Ainsi, les éboulis, les écroulements de falaises et les glissements de sols argileux apparaissent avec une clarté étonnante.
En comparant des photographies aériennes prises à deux périodes différentes on peut suivre l'évolution d'un site sensible.
Devenues de plus en plus précises les images satellitaires sont très précieuses pour les géoscientifiques de tous poils. Nos fameuses forces exogènes sont ainsi de mieux en mieux surveillées…


L'hydrogéologie

L'hydrogéologue (du grec hudôr, eau, et géologie)a pour mission la reconnaissance des eaux qui circulent dans le sous-sol.
Pour effectuer ses analyses et ses mesures, il procède le plus souvent par sondage. Il est ainsi capable de détecter les nappes phréatiques (du grec phreas, phreatos, puits) les plus secrètes.
Il sait aussi évaluer le parcours et le débit de l'eau qui se promène, invisible, sous nos pieds et trouver les sources.
Sachant que l'eau est le premier facteur d'érosion sur Terre, l'intervention de l'hydrogéologue est généralement nécessaire.


La géotechnique

La géotechnique (du grec gê, Terre, et technique) et les ingénieurs géotechniciens permettent l'application des connaissances concernant les propriétés des sols, des roches et des ensembles géologiques.
Il recherche, lui aussi, des solutions pour construire et protéger les ouvrages d'art et tous les projets d'urbanisme : routes, tunnels, ponts, barrages, habitations, complexes industriels, ports…

Les géotechniciens effectuent des études de compréhension des mouvements de terrain.
Elémentaire, mon cher Watson !

Pour cela, ils vont faire appel à des techniques parfois très pointues combinant les reconnaissances sur le terrain et les essais sur sols ou roches en laboratoire. Ils peuvent être conduits à suivre des mouvements en cours. Ils vont faire appel alors à la métrologie : la science de la mesure.
Ils peuvent être ainsi amenés à utiliser des technologies très sophistiquées et faire appel à des appareils comme l'inclinomètre, le distancemètre, l'extensomètre, le fissuromètre, le tassomètre sont autant d'appareils dont les noms indiquent leurs fonctions ; à vous de les trouver !
Parmi les techniques plus pointues, on doit citer celles qui font appel à la géodésie spatiale (du grec geôdaisia, "partage de la Terre")
. En effet, les satellites sont de plus en plus utilisés pour déterminer les distances relatives de différents points et les mouvements les plus infimes qui se produisent à la surface de la Terre.
Un ensemble de 24 satellites (GPS : Global Positioning System) : tournant autour de notre planète, permet de déduire en trois dimensions les positions de balises terrestres avec une précision de 1/1 000 000 000.
Ce système de navigation radio sert aussi à déterminer le mouvement de la tectonique des plaques et tenter de prévoir les tremblements de terre.

.
La connaissance du terrain, la mise au point de techniques de mesures précises, la prise en compte des phénomènes déclencheurs et la mise en place de dispositifs de surveillance permettent aux spécialistes de faire des prévisions de plus en plus fiables.
Sous leur contrôle, les autorités peuvent ainsi donner l'alerte et prendre en temps voulu les dispositions et les mesures de sécurité nécessaires.
Là où les populations sont mal encadrées et où les moyens logistiques et financiers sont limités, on assiste parfois à des catastrophes abominables.

Pourtant, il est admis qu'une prévention bien organisée permettrait plus souvent éviter les pertes humaines et les désastres économiques qui font trop souvent l'actualité.

Rédaction J.Goyallon Validation J.L. Durville
H.Evrard
L.R.P.C.
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les SIG
Les S.I.G., systèmes d'informations géographiques, sont des outils informatiques récents qui permettent de réaliser des superpositions cartographiques et des traitements de l'information sur ordinateur. Les différentes cartes existant (topographie, localisation de phénomènes naturels, zones habitées ...) sont numérisées et organisées dans le SIG pour pouvoir être superposées les unes aux autres.

schéma d'un SIG
Il est alors très facile de comprendre l'organisation dans l'espace des différents objets.

Les différentes cartes (niveaux d'information) peuvent être combinés les unes aux autres pour analyser, comprendre et modéliser des situations particulières :

- quels sont les terrains géologiques les plus propices aux mouvements de terrain ?
- quels sont les secteurs d'une ville les plus souvent inondés ?
- …

Les SIG sont des outils très intéressants car, contrairement aux cartes réalisées sur papier, les documents informatiques peuvent être modifiés et mis à jour facilement et rapidement.
L'information stockée dans les cartes peut être représentées sous deux formes :
- le mode raster : l'espace est découpé en petits éléments réguliers (mailles).
- le mode vecteur : l'espace est représenté sous forme de lignes, points ou polygones.
Certains SIG peuvent travailler soit en mode raster, soit en mode vecteur, ou encore sous les deux modes, ce qui est le plus pratique.
Lorsqu'on prépare les données pour les stocker dans un SIG, il faut absolument préciser :

- l'échelle de validité de l'information (1/1 000 000, 1/ 25 000, 1/100…).
- le système de projection géographique utilisé car il en existe plusieurs, et si l'on superpose des cartes numérisées sous des systèmes de projection différents, on obtiendra des présentations erronées (pont à côté de la route, maison en mer …)

Rédaction E.Leroi Validation E.Leroi
B.R.G.M
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