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Les femmes, dans les pays en
développement, devraient être au centre des dispositifs de
lutte contre les catastrophes.
0n ne le sait pas, on ne le dit pas assez: les catastrophes naturelles
touchent généralement les femmes et les enfants plus que
les hommes - en particulier dans les pays du Sud.
Les programmes d'alerte et de prévention ignorent le plus souvent
la vulnérabilité de ces groupes et les plans de secours
sont rarement conçus en pensant à eux.
Tenues en marge des décisions prises par la communauté,
cantonnées dans un rôle domestique, les femmes peuvent rarement
réquisitionner des denrées de secours ou dire leur mot dans
la réadaptation qui suit la catastrophe.
La plupart des 100 000 personnes qui ont péri dans le cyclone qui
a frappé le Bangladesh en 1991 étaient des femmes.
Beaucoup sont mortes en essayant de protéger leurs enfants; d'autres
parce qu'elles étaient restées dans leur foyer, loin des
abris anti?cyclone, se sentant obligées de protéger leur
bien.
Le système d'alerte a fonctionné, mais, faute de tenir compte
de cette disparité entre les sexes, il ne s'est révélé
que partiellement efficace.
De plus, en l'absence de femmes médecins, nombre de femmes et de
jeunes filles qui avaient besoin de soins n'ont pas osé aller les
recevoir au centre médical de secours.
En période de sécheresse grave, la charge de travail qui
pèse sur les femmes s'alourdit d'autant plus que les hommes émigrent
souvent pour aller chercher du travail.
Elles sont alors durement atteintes dans leur santé.
Le niveau des nappes phréatiques ne cessant de baisser, elles doivent
aller chercher l'eau de plus en plus loin.
Cet effort physique achève d'épuiser un organisme sous?alimenté
par la raréfaction du lait et de la viande.
Or les femmes des communautés traditionnelles peuvent assumer un
rôle clé dans la prévention des catastrophes et l'organisation
des secours en prenant en main la distribution de nourriture, d'eau, de
couvertures et de bidons, ou en choisissant l'emplacement des lieux d'aisance.
Ce sont elles qui savent ce qui convient au bien-être de leurs enfants
et peuvent veiller, en période de troubles, à ce qu'ils
soient évacués, nourris, protégés.
Les campagnes d'éducation et d'information publiques devraient
prendre en compte leur capacité à exercer ces responsabilités
sociales et culturelles.
Quand on explique à une population où elle peut se procurer
de la nourriture en cas de crise et comment il faut s'y prendre, il convient
de le faire en pensant d'abord aux femmes, qui risquent, par analphabétisme
ou pour d'autres raisons, de ne pas avoir accès à ces informations.
Renforcer la position des femmes en tant qu'agricultrices à part
entière, élaborer les plans de distribution d'eau en sachant
que cette tâche relève de la responsabilité des femmes,
tout programme de prévention de la sécheresse qui se veut
efficace devrait y veiller.
Des contraintes culturelles et sociales aggravent aussi les problèmes
auxquels se heurtent les femmes déplacées dans leurs rapports
avec les services de santé.
Les femmes des sociétés rurales traditionnelles, c'est bien
connu, répugnent (réticence souvent accrue par des tabous)
à consulter ou à être traitées par des médecins
hommes.
Or les mesures classiques d'assistance médicale ignorent souvent
cette réalité. Remplacer les médecins hommes par
des aides soignantes et des infirmière marquerait un premier pas
dans la bonne direction.
La carte des risques d'une région fréquemment touchée
par les catastrophes devrait identifier la population vulnérable
selon le sexe et préciser le type de risques auxquels les femmes
sont plus particulièrement exposées.
Il faudrait aussi inciter à développer des réseaux
de femmes et de groupes villageois qui examinent les mesures de prévention
à adopter, tirent les leçons des expériences précédentes
et passent au crible les solutions possibles.
Les interventions de terrain gagneraient en efficacité si les données
sur la mortalité et la morbidité étaient établies
selon le sexe.
Dans les camps de personnes déplacées à la suite
d'une catastrophe naturelle, il serait très utile de répertorier
en fonction du sexe les demandeurs de services alimentaires ou médicaux.
Connaître les façons respectives dont les hommes et les femmes
utilisent ces services est essentiel pour planifier et cibler les groupes
de population dont on ne connaît pas les habitudes.
Les fonds de secours ont augmenté, ces dernières années,
dans des proportions spectaculaires.
Les donateurs, sous la pression des organismes d'aide humanitaire et de
développement qui exigent sans cesse plus de ressources, s'interrogent
sur les façons traditionnelles d'aborder le problème.
On attend de plus en plus des opérations de secours qu'elles offrent
une meilleure qualité de service et un meilleur rapport efficacitécoût.
La vulnérabilité et le nombre des victimes des catastrophes
naturelles commenceront à baisser sérieusement lorsqu'on
aura pleinement intégré les femmes à toute la chaîne
de défense, de l'élaboration et l'exécution des plans
de prévention aux opérations de secours.
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