|
Certains phénomènes naturels sont dangereux et susceptibles
de produire de nombreux dommages.
En général, les forces mises en jeu sont très importantes.
Pour limiter les pertes en vies humaines et les destructions des biens,
il faut comprendre les phénomènes, essayer de les prévoir,
et mettre en place des systèmes de protection.
Tout cela coûte cher, très cher, et plus on veut se protéger,
plus cela coûte cher.
Pour bien comprendre cela, prenons un petit exemple. Si une maison se
trouve au pied d'une falaise, elle peut recevoir des petits cailloux ou
des gros blocs.
Si on veut protéger la maison contre les chutes de cailloux, une
simple petite planche en bois sera suffisante et cela coûtera 200
francs.
Si on veut protéger la maison contre les chutes de gros blocs,
les planches ne seront pas assez résistantes et il faudra construire
des murs épais en béton, et cela coûtera alors très
cher : 2 millions de francs.
Se protéger, c'est un choix.
Reprenons l'exemple de la maison au pied de la falaise, et supposons que
c'est la tienne.
Si tu veux te protéger contre les chutes de cailloux il te faudra
dépenser 200 francs, alors que si tu veux te protéger contre
les chutes de blocs, il te faudra 2 millions. Tu as peut être 2
millions à la banque, mais si tu dépenses tout pour faire
le mur de protection, tu ne pourras plus acheter la moto dont tu rêvais
ou partir en vacances à Tahiti.
En revanche, si tu ne mets en place que la planche, il te restera plein
d'argent pour acheter d'autres choses qui te font plaisir, mais bien sûr,
dans ce cas tu seras beaucoup moins bien protégé, et si
un gros bloc tombe pendant que tu es dans la maison tu peux être
blessé gravement.
Comment faire le bon choix ?
La réponse n'est pas toujours facile à apporter parce qu'elle
fait intervenir la liberté de chacun et le libre arbitre. Il faut
donc bien analyser la situation, peser le pour et le contre de chaque
possibilité et une fois qu'on a tout analysé, choisir. De
nombreux paramètres doivent être pris en compte :
- le coût de chaque solution
- la possibilité que le phénomène se produise :
reprenons à nouveau notre exemple. La maison peut être
touchée par des cailloux ou par des blocs, mais les cailloux
ont 1 chance sur 2 de tomber au cours d'une année, alors que
les blocs ont une chance sur 1000 de tomber pendant la même période.
Cela signifie que la possibilité de recevoir les cailloux pendant
que tu es dans la maison est forte, alors qu'elle est très faible
pour les blocs.
- les conséquences de chaque solution.
Par ailleurs, il faut être conscient de deux contraintes majeures
qui doivent être pris en compte dans le choix.
La protection totale, c'est-à-dire le risque nul, n'existe pas,
et principalement dans le domaine des risques naturels ; trop de paramètres
sont mal connus pour pouvoir envisager une compréhension et une
prédiction parfaites des phénomènes naturels.
Enfin, l'augmentation des dépenses n'est pas proportionnelle à
l'amélioration de la protection : pour améliorer un petit
peu la sécurité, il faut dépenser beaucoup d'argent.
Qui doit faire le choix ?
Définir le niveau de protection
souhaité est l'affaire de tous ! Plusieurs personnes ont, de
par leur fonction, la responsabilité d'apporter des réponses
concrètes à ce problème.
C'est le cas notamment de l'Etat et des maires.
Mais le citoyen ne doit pas resté à l'écart du
débat et se reposer sur l'Etat en attendant de sa part une
protection totale, maximale et en feignant d'en ignorer les conséquences
financières. |
L'argent de l'Etat est celui des impôts.
Si l'on veut partout une protection maximale, il faudra payer beaucoup
d'impôt.
Est-on prêt à le faire ou accepte-t-on d'être un
petit peu moins bien protégé ?
C'est à chacun de répondre individuellement
en assumant ses responsabilités et en profitant d'un
privilège majeur :
la liberté de choisir et de s'exprimer. |
|
|